FONDATION JACQUES-EDOUARD BERGER: A la rencontre des Trésors d'Art du Monde

Au deuxième cercle, les bas-reliefs illustrent une version du Lalita, qui est le nom de l'hagiographie du Bouddha, c'est-à-dire sa vie. C'est une version extraordinairement mahayaniste que nous avons ici puisque en fait, le Bouddha préexiste à sa manifestation terrestre. Il existe déjà au ciel depuis longtemps mais, sentant que le moment est venu de sauver l'humanité, il décide de venir s'incarner et l'on va assister à son incarnation. Le Lalita indien commence avec la naissance tout à fait physique et normale du Bouddha et ne présuppose pas cette prédestination qui est tellement importante. Le début se situe dans la ville de Kapilavastu dont le roi s'appelle Shuddodhana et la reine Maya Devi. Ils vont être le père et la mère du Bouddha. A Ajanta, nous trouvons cette même scène qui représente le silence de Shuddodhana, qui est une très belle idée du Mahayana d'ailleurs. Shuddodhana adorait son épouse Maya Devi mais se désolait de ne pas avoir d'enfant et, au lieu de la répudier, au lieu de la chasser, il est entré dans un silence total. Il était complètement impassible et c'est cette impassibilité même qui a été insupportable à Maya Devi. C'est à ce moment-là qu'elle a commencé à demander au ciel de lui envoyer un enfant d'une façon ou d'une autre, mais la pauvre chérie ne savait pas ce qui l'attendait, bien entendu. Ce bas-relief est très beau : Shuddodhana est complètement hiératique, Maya Devi a une attitude entre la tendresse contenue et une espèce d'humilité, de culpabilité. C'est le fameux moment où, devant toute la cour désolée, on voit le couple royal séparé par le silence de Shuddodhana qui n'a pas de descendance.
 


introduction
suite