FONDATION JACQUES-EDOUARD BERGER: A la rencontre des Trésors d'Art du Monde

Le cercle inférieur, comme van Erp l'avait signalé en premier, semble bien avoir été entièrement sculpté de bas-reliefs admirables comme ceux que nous voyons ici, mais pour être cachés, pour être enterrés de façon à ce qu'en arrivant ici, le pèlerin puisse prendre conscience qu'il doit être déjà au-delà de ses passions. En fait, ce pied caché a été découvert à la fin du 19e siècle mais hélas avec trop de manques pour qu'on puisse le rétablir dans son entier. Nous avons ici quelques détails qui montrent très simplement la vie de tous les jours dans ces fameuses passions et pulsions. Par les fragments que l'on a pu retrouver, on sait qu'il y avait des scènes de guerre, des scènes de vie familiale, des scènes d'amour c'est une évidence, beaucoup de scènes représentant ce rapport extrêmement privilégié que l'oriental entretient avec les animaux. C'est un peu comme dans les mastaba de l'Egypte ancienne où l'on voit toujours les gens soigner leurs animaux, leur "biquette". De plus, cela correspond exactement au piétement des temples hindouistes. A Khajuraho, qui date de la même époque, la base du piétement nous montre des scènes de guerre, des scènes de palais, des scènes avec danseuses du ventre, des scènes érotiques, etc. Ces scènes représentent le Karmavibhanga. Ici en Indonésie, la notion du Karma a un peu un autre sens qu'en Inde car c'est vraiment le destin du vécu. Si on en reste là, on traîne dans ce vécu. Du point de vue de la qualité des bas-reliefs, il faut bien dire qu'ils sont parmi les plus beaux.
 


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