FONDATION JACQUES-EDOUARD BERGER: A la rencontre des Trésors d'Art du Monde


 

La dynastie des Shailendra est, semble-t-il, de lointaine origine indienne, cousine de la dynastie des Chandella qui a laissé beaucoup de monuments en Inde entre les 7e et 10e siècles, notamment les temples de Khajuraho en Inde. La scission de la famille se serait opérée au moment où le tronc dynastique s'est séparé en deux rameaux, l'un demeurant hindouiste, les Chandella, restés à Khajuraho, et l'autre, converti au Bouddhisme, à ce moment-là se serait expatrié en Indonésie au 4e siècle déjà.
L'apogée de la dynastie ici en Indonésie se situe aux 7e, 8e et 9e siècles. C'est le grand moment de la puissance des Shailendra. Le roi, considéré comme le fondateur du Borobudur, portait comme nom Indra (dieu hindouiste représenté sur un éléphant, dieu de la pluie, de la mousson, de la tempête et du vent). En fait, cela montrerait bien que cette dynastie aurait beaucoup hésité entre Hindouisme et Bouddhisme puisque le fondateur du plus fabuleux temple bouddhiste du monde porte un nom hindouiste, Indra de la dynastie des Shailendra. L'oeuvre est surtout signée ou co-signée par son fils, le roi Samaragunta ou Samaratunga (c'est un retournement de labiales, une question d'épigraphie, on peut employer les deux noms). Ce roi a terminé et donné ce Borobudur aux moines bouddhistes qui avaient le parrainage royal. A Java, exactement comme en Inde classique, les dynasties sont la plupart du temps d'appartenance, d'obédience et d'onomastique hindoues, mais elles peuvent être marquées par la révélation de la Loi du Bouddha et, sans se convertir officiellement, se convertir officieusement. Leur conversion est toujours attestée par le don d'un terrain, d'une somme d'argent, voire parfois de pensions aux moines bouddhistes qu'ils tolèrent à leur côté et qu'ils protègent.


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