FONDATION JACQUES-EDOUARD BERGER: A la rencontre des Trésors d'Art du Monde

Lorsque en 1815, le Borobudur a été sondé pour la première fois, il a été retrouvé vide. Les historiens d'art et les historiens des religions, qui l'étudient énormément parce que c'est l'un des sanctuaires les plus passionnants, se battent pour savoir s'il a toujours été vide ou s'il contenait une statue qui aurait été volée. L'opinion personnelle de Jacques-Edouard Berger est qu'il a toujours été vide pour la simple et bonne raison qu'il n'y avait en 1815 aucun intérêt pour l'art oriental. Si la statue avait été simplement mutilée, on aurait retrouvé les morceaux. Or on n'a rien retrouvé du tout. Donc vraisemblablement le message va très loin : le stupa central ne contient pas le Bouddha parce qu'on est au-delà même de l'apparence, on est vraiment dans l'esprit pur. Ainsi le stupa central serait en quelque sorte l'absolu symbole mais sans aucune référence à quelque forme que ce soit.

Lorsqu'on voit le stupa central et ensuite cette sorte de pluie de stupa, on ne peut s'empêcher de penser à la notion de Purinirvana, ce moment où le Bouddha renonce à la vie terrestre et où son âme, disent les textes, s'épand en millions d'âmes à travers l'univers. C'est fabuleux de voir le stupa central qui est vraiment le Bouddha, et les stupa annexes qui représentent l'étalement de la Loi et l'étalement de la Foi. Et toutes ces particules qui en fait emplissent l'univers entier, on les retrouve partout, même sur les balustrades jusqu'en bas. Autrement dit, on a l'impression que le Bouddha diffuse la grandeur de son message jusqu'au plan le plus terrestre et le plus bas. Cette mise en place il y a plus de 1000 ans d'une pensée aussi abstraite et présente à la fois est exceptionnelle.


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