Le pélerinage à Abydos convie le visiteur à une découverte du monde de l'au-delà égyptien.
La carte du temple d'Abydos![]() Le pélerin doit passer par différentes phases initiatiques pour découvrir Abydos. |
Le temple votifque Séthi Ier éleva à Abydos est à l'image d'Osiris; moins qu'un temple traditionnel dont la divinité immuable occupe le coeur, enfermée dans son naos [glossaire], et dont les prêtres, chaque matin, traversent l'enfilade des seuils en répétant un rituel millénaire, il se veut un hymne de pierre qui exalte la passion du dieu, la lumière de son séjour terrestre, les ténèbres de sa mort, l'éblouissement de sa résurrection, l'extase de sa justification enfin. Le temple est Osiris: chacune de ses salles est comme un membre de dieu, chacune de ses chapelles comme une parcelle de son âme. Dès la porte franchie, le pèlerin comprenait qu'il était admis ici non pas pour célébrer Osiris, mais pour s'associer à son destin, pour vibrer à ses épreuves, pour subir ses angoisses, pour se conforter à sa sérénité recouvrée. Nul temple plus que celui d'Abydos ne demande à être abordé en tant que véhicule initiatique. L'ensemble du monument était enfermé, comme l'exigeait la tradition, dans une enceinte continue de briques crues, assez épaisse et assez haute pour cacher au profane le secret de ses cours et de ses appartements. Un premier pylône déterminait l'axe du périple sacré. Le seuil franchi, on se trouvait dans une première cour donnant sur un second pylône, ouvrant lui-même sur une seconde cour. Aujourd'hui il ne reste de l'avant-temple que des arasements. Les parois intérieures de la première cour étaient ornées de reliefs retraçant la vie civile du fondateur, ses hauts faits, ses campagnes, ses victoires, celles de la seconde évoquaient sa vie religieuse, ses actes de piété, et notamment les fêtes qu'il offrait au dieu, en longues théories de prêtres portant offrandes quotidiennes et présents solennels.
![]() La seconde cour était axée sur un portique soutenu par douze piliers, portant chacun sur ses quatre faces l'effigie du roi accueilli au temple par l'une des divinités attachées au mythe osiriaque. A l'origine, sept portes percées à intervalles réguliers donnaient accès aux appartements. Hélas, Séthi laissa le temple inachevé; son fils et successeur considéra comme un devoir pieux de l'achever. Ramsès II n'avait certes pas l'élévation spirituelle de son père: il fit donc normaliser l'édifice en murant quatre des sept portes, et profita de l'espace ainsi gagné pour y graver une longue inscription dédicatoire à sa propre gloire. |