Cet aperçu propose une approche de la vie de Caravage [pour en savoir plus].
La vie de Caravage, au 17ème siècle, est certainement une des plus
aventureuses qu'ait vécu un grand créateur.
Son chemin se dessine entre ombres et lumières. Son caractère passionné
l'entraîne de la provocation au meurtre. Sa tête est mise à prix. Il doit
fuir, se cacher. Mais il n'y en a pas trace dans sa peinture. Elle est
certainement l'une des plus profondément ferventes que nous puissions voir
dans toute la peinture baroque. C'est le vrai miracle Caravage. Miracle du
sacré, à la dimension de ce qu'il a fait.
Le 29 septembre 1571, naît à Caravaggio, petit village du nord de
l'Italie, Michelangelo Merisi, dit Caravage. Très fréquemment on portait
le nom patronymique du lieu d'où l'on était originaire. Son père était
l'architecte et le majordome du Marquis de Caravaggio. Avec ce double
statut, il faisait partie de la maison. Le marquis, mécène dans la
tradition de la Renaissance, avait des artistes près de lui. Raphaël était
également majordome du pape ainsi que son antiquaire, son archéologue, en
plus d'être son peintre ordinaire.
Trop souvent, les historiens d'art du 19ème ont voulu que Caravage soit né
dans le ruisseau. C'est faux. Il est issu d'une excellente famille
d'artistes, dont la sécurité sociale était assurée par un excellent
marquis qui, à la fin du 16ème, se prend pour un mécène du 15ème.
La vie de Caravage, au 17ème siècle, est certainement une des plus aventureuses qu'ait vécu un grand créateur. Son chemin se dessine entre ombres et lumières. Son caractère passionné l'entraîne de la provocation au meurtre. Sa tête est mise à prix. Il doit fuir, se cacher. Mais il n'y en a pas trace dans sa peinture. Elle est certainement l'une des plus profondément ferventes que nous puissions voir dans toute la peinture baroque. C'est le vrai miracle Caravage. Miracle du sacré, à la dimension de ce qu'il a fait. Le 29 septembre 1571, naît à Caravaggio, petit village du nord de l'Italie, Michelangelo Merisi, dit Caravage. Très fréquemment on portait le nom patronymique du lieu d'où l'on était originaire. Son père était l'architecte et le majordome du Marquis de Caravaggio. Avec ce double statut, il faisait partie de la maison. Le marquis, mécène dans la tradition de la Renaissance, avait des artistes près de lui. Raphaël était également majordome du pape ainsi que son antiquaire, son archéologue, en plus d'être son peintre ordinaire. Trop souvent, les historiens d'art du 19ème ont voulu que Caravage soit né dans le ruisseau. C'est faux. Il est issu d'une excellente famille d'artistes, dont la sécurité sociale était assurée par un excellent marquis qui, à la fin du 16ème, se prend pour un mécène du 15ème. L'atelier de Peterzano Comme tout le monde à cette époque, il commence l'étude de la peinture extrêmement tôt. Les peintres de la Renaissance et du baroque sont quasiment nés dans un atelier de peinture. On broyait des couleurs dès la plus tendre enfance. Arrivés à la maturité, ces peintres connaissaient leur métier parfaitement, comme respirer, marcher ou chanter. A 13 ans, sa famille décide de le consacrer aux arts. Il entre dans un des bons ateliers de Milan, celui du peintre Peterzano. Pourquoi un bon atelier? Peterzano est un mauvais peintre mais on apprend beaucoup mieux son métier chez un mauvais peintre que chez un bon. Un bon peintre va vous inculquer sa vision des choses. Un mauvais peintre en est incapable. Ainsi, l'élève, pour sortir de sa chrysalide, se débattra avec ses propres moyens et accédera à sa propre vision. Un mauvais élève deviendra un mauvais peintre mais s'il est un génie, il en sortira sans avoir été abîmé, ni influencé, mais en possédant une éducation technique, un métier parfait. C'est ce que reçoit Caravage.
En 1592, il arrive à Rome. Il est évident que, sorti de l'atelier de son
maître, il aurait dû d'abord recevoir des commandes locales toujours plus
importantes, pour qu'une lettre de recommandation d'un personnage
important le fasse, un jour, sortir de sa ville et ainsi, arriver à Rome
en pleine maturité. Caravage s'installe tout de suite à Rome. Il a 21 ans.
Âge des premiers tableaux. Évidemment, c'est un échec . Il y a bien assez
de peintres, d'ornemanistes, de décorateurs. Qu'a-t-on à faire de ce jeune
homme qui en plus, est insupportable? Il ne croit pas en la peinture que
l'on fait, il le dit. Il ne croit pas en les chefs-d'oeuvre que l'on
reconnaît, il le dit. Il prétend qu'il peut faire mieux, mais personne ne
le connaît. Une vie de misère s'ouvre à lui dans la belle tradition de la
bohème du 19ème siècle. L'épisode de sa période romaine commence par être
romantique. Avec la recommandation de son vénéré maître Peterzano, il
entre au service du Cavalier d'Arpin. Ce maître est plus mauvais encore
que Peterzano mais il possède deux qualités qui font son succès: en grands
habits, manchettes de dentelles et épée au côté, il peint à une vitesse
incroyable. Une sainte Cécile est achevée en deux heures. Les cardinaux se
déplacent pour voir ça, comme à la foire. Il exploite Caravage, lui fait
faire tout ce qui l'ennuie, les guirlandes de fleurs, les mascarons, les
cariatides. Naturellement, il ne le paie pas. Caravage vit dans un
dénuement total. On raconte qu'il faisait le portrait des aubergistes pour
subsister. Voler pour manger, squatter pour dormir mais la chance lui
sourit. Le jeune Caravage rencontre un soir, Piazza Navona, le quartier
des artistes, un personnage singulier, mi-français, mi-italien. On
l'appelle le Valentin. Ce Valentin a une idée de génie: des gens veulent
acheter des tableaux, ces gens ont des titres assez ronflants et des
habits assez brillants pour ne pas les risquer dans la poussière d'un
atelier d'artiste. Dans un appartement chic, aéré et coquet, il présente,
expose la jeune peinture et y invite les mécènes. Le Valentin invente la
galerie d'art.
Parmi ses premières victimes - inutile de dire qu'il payait à peine les
tableaux qu'il prenait et qu'il revendait fort cher - il y a le jeune
Caravage à qui Valentin demande des sujets charmants, légers, gentils, pas
trop risqués qui se vendaient, à l'époque, très bien.
C'est ainsi que Caravage, par Valentin interposé, se fera une belle clientèle. Parmi ses clients, il y aura le Cardinal Del Monte, homme très aventureux. On dit de lui qu'il était le plus ennuyeux des prélats mais le plus averti des amateurs d'art. Il fait sortir Caravage de l'écurie de Valentin et lui offre dans sa maison un gîte, un couvert et des appointements. Alors que tout devrait aller bien, alors que Caravage devrait être heureux et reconnaissant envers son cardinal de mécène, las, il se tient mal. C'est un caractère passionné. 1600 est l'année des premiers scandales. Lorsque l'on est historien d'art, on dit qu'il était passionné et qu'il travaillait tard le soir. La vérité est que Caravage s'enivrait, était poursuivi pour de sombres histoires de moeurs, courtisait les femmes des autres, se battait pour elles et finissait régulièrement au poste de police.
La vie de Caravage sera un exil permanent. Il devra fuir Rome. Le cardinal Del Monte et le cardinal Scipion Borghèse ne suffiront pas à sa protection. Il y aura mort d'homme. Bellori nous raconte: ³Le Caravage, quoique occupé par sa peinture, n'avait point abandonné ses occupations troubles; après avoir peint plusieurs heures dans la journée, il rôdait de par la ville, épée au flanc, et s'exerçait au métier des armes, montrant ainsi qu'il se souciait de tout autre chose que de son art.² Lors d'une rixe avec un jeune homme de ses amis qui jouait avec lui à la paume, après un échange de coups de raquettes, il saisit son arme et tua le jeune homme; lui-même fut blessé dans l'aventure. De très nombreux documents témoignent que Caravage tua Ranuccio Tomassoni da Terni, sur le Champ de Mars, le 6 mars 1606. Il s'enfuit de Rome, sans argent, et poursuivi, trouva refuge à Zagarolo, sous la protection du duc don Marzio Colonna, pour lequel il peignit un Christ à Emmaüs et une demi-figure de la Madeleine. Ces oeuvres sont aujourd'hui perdues. Il prit ensuite le chemin de Naples, ville où il trouva aussitôt à s'employer, car sa manière et son nom étaient déjà connus. Mais les choses empirèrent. Il tua à nouveau. Pas seulement une fois. Trois. Caravage est un assassin. Il est difficile de protéger un tel homme. Sa vie sera une fuite permanente.
Un destructeur de l'art de la peinture
Sa vie délinquante ouvre la porte à toutes les justifications des critiques de l'époque. Les détracteurs sont nombreux. Les sources sont infinies. Nous avons trace de quantités de voix indignées, offusquées, de ceux qui ont détesté cette peinture-là. Un de ses pires détracteurs est Nicolas Poussin. Poussin régnait à Rome sur un cénacle épris de classicisme, un cénacle épris de cet admirable sens des proportions et du calme en art dont il était lui-même le grand prêtre. Poussin se trouvant devant une toile du Caravage, La Mort de la Vierge, se mit à hurler, à vociférer: «Je ne regarde pas, c'est dégoûtant. Cet homme-là est venu sur terre pour détruire l'art de la peinture. Une peinture aussi vulgaire ne pouvait être faite que par un homme vulgaire. La laideur de ses peintures l'emmènera en enfer.» Ces phrases colleront à la peau de Caravage pendant très longtemps.Deux siècles durant, Caravage est oublié. Il fallut attendre l'exposition de Milan, en 1951, pour voir enfin, de par la confrontation des oeuvres, se révéler la complexité du visage de l'artiste.

Le scandale Caravage fait retentir des hurlements de toutes sortes ainsi que des cris d'admiration, des enthousiasmes débridés. Baglione, chroniqueur des plus précieux de la Rome pré-baroque nous dit: « Une tête de sa main se payait plus cher qu'une grande composition de ses rivaux, tant était grande l'importance de la ferveur publique.» Baglione ne peut s'empêcher d'ajouter avec une certaine malice: «...ferveur publique qui ne juge pas avec les yeux mais regarde avec les oreilles.» Une «clique pro-Caravage», soigneusement entretenue autour du cardinal Del Monte, l'admirait sincèrement. Les jeunes peintres allaient le voir. De détracteurs en admirateurs, Caravage tentait de poursuivre sa carrière. Car il n'était pas que peintre, il était aussi homme. L'homme passionné, emporté, romanesque portait malheureusement crédit aux propos ulcérés de ses détracteurs.

Caravage reçoit la commande d'un bouclier de parade pour une armure qui devait être offerte au Grand Duc de Toscane. Il peindra la Tête de Méduse (détail) lié meduse Violence et passion. Pour la première fois, Méduse fait peur. Des oeuvres profanes marquent ses débuts. A cette époque, le public était lassé des grandes scènes mythologiques et des allégories du piétisme qui avaient marqué la fin de la période maniériste. Les amateurs d'art voulaient une peinture reposante. Les artistes ont inventé pour cette clientèle blasée une forme de pré-rousseauisme, un retour aux sentiments vrais et frais: la peinture de genre. Valentin vendait cela très bien.


Ce sont jusqu'ici de petits tableaux, appelés tableautins. Le siècle en
était friand pour meubler ses cimaises aux côtés des grandes compositions
mythiques. A cette époque on mosaïquait ses murs de tableaux, cadres à
cadres. Il fallait de petits tableaux pour meubler les vides. Caravage est
dans le ton. Bacchus
Je dirais que c'est le premier Caravage. Jusqu'alors, ses peintures
s'inscrivaient dans une tradition relativement facile, avec un faire
relativement sec. Caravage va chercher ses modèles dans le ruisseau, la
lie de Rome. Lorsque le sujet est Bacchus, cela gêne un peu. Cela va gêner
beaucoup lorsqu'il s'agira de Jésus. Il est important de constater que
Caravage n'accepte pas ce bon ton à une époque et à un âge où il ne
devrait pas se le permettre. Il devrait faire ce qu'on lui demande, être
dans le ton et ensuite inventer quelque chose. Il s'y refuse. Ce refus
entraînera une révolution à chaque tableau. Nous sommes bien loin d'une
peinture de genre mais dans une peinture qui joue à une peinture de genre
qui, à chaque fois, apporte un élément plus brutal, plus passionné. Il
demandera à Valentin de le dispenser de ce genre de sujet. Caravage est en
train de naître. Valentin s'en rend compte, lui en demande encore et
encore. Dépité, il livre le Petit Bacchus malade.
Les figures seules, qui marquent la période d'apprentissage de
Michelangelo Merisi vont être remplacées par des compositions plus vastes.
Peintures à deux, à trois figures mais toujours sur des sujets légers: La
Diseuse de bonne aventure, Là, est en train de naître, timidement
encore, ce que sera la véritable recherche de Caravage sa vie durant: la
recherche d'une lumière qui, née de nulle part, est une révélation
d'origine divine. La peinture de cet homme-là n'est plus une peinture de
genre, ni une peinture de clair-obscur mais une des peintures les plus
mystiques qui soient. Cette lumière, d'origine divine dessine la réalité
et aide à la compréhension de cette même réalité. Corbeille de fruits
Narcisse On sent que depuis le premier tableau de genre à celui-ci, il y a
une volonté de faire autre chose. Le sujet est autre, la préhension de la
réalité est autre, mais il y a encore là toute les séductions de la
peinture de genre. Caravage, très vite, réussit à gommer cela.Ses tableaux
seront de moins en moins plaisants au sens propre du terme. De moins en
moins de coups de hardiesse, pour le coup de hardiesse. De plus en plus,
ce seront des tableaux essentiels. Caravage n'est plus l'industrieux
tâcheron exploité par un galeriste, il est le protégé d'un cardinal. Cela
l'amènera à la peinture religieuse.

Une peinture à vocation religieuse et profondément mystique Le Repos pendant la fuite en Egypte Judith et Holopherne. Caravage se cherche. Il a essayé le bucolique avec le «Repos pendant la fuite en Egypte», l'expressionnisme avec «Judith et Holopherne», le voici avec Madeleine repentante (détail) dans quelque chose de piétiste. C'est une méditation traitée de façon classique. Caravage découvre sa vocation, il peindra les grands mystères de notre foi, car il croit, au fond de lui-même, fondamentalement. Mais il se cherche. Sainte Catherine d'Alexandrie, Saint Jérôme . Cette époque est déterminante. Il s'est défini. Il sait qu'il va peindre uniquement l'épopée christique. Il travaille son langage, son vocabulaire. Un aspect très typique de sa jeunesse, de sa première maturité, est qu'il éprouvera le besoin de régulièrement reprendre un sujet plusieurs fois. C'est à cette époque qu'il peindra un «David et Goliath» et pour aller plus loin, un second. Ce thème était très populaire à cette époque. «David et Goliath» étaient le plus souvent peints avec grandiloquence, en rose et bleu pâle si possible.



C'est cela que l'on aimait. Dans sa recherche de ramener la peinture de la maniera à la vérité, voici ce que propose Caravage: David avec la tête de Goliath La seconde version, David tenant la tête de Goliath sera hallucinante. C'est en répétant ses sujets, en les traquant, les scrutant, les analysant que Caravage apprend à donner la pleine mesure de lui-même. Un des sujets préférés du peintre sera Saint Jean-Baptiste Cinq fois, il tentera de se dépasser. Madone des pèlerins ou Madonne de Lorette (détail). Cet homme, à qui l'on reproche de boire, de voler, de violer, de piller, d'assassiner, peint sans relâche. Crucifiement de saint Pierre, Conversion de saint Paul.


Mise au tombeau Caravage peint ce tableau les jours qui précèdent
le meurtre qu'il va commettre. Lors d'une rixe à quatre contre quatre,
pour une faute au jeu de la raquette, près de la demeure du cardinal del
Monte, épaulé par Onorio Longo et par le capitaine Antonio Bolognese,
Caravage est blessé mais tue Ranuccio Tommasoni de Terni. ( «Avvisi» di
Roma, 31 mai 1606).
Il doit fuir Rome au moment où les commandes arrivent. Il se réfugié à
Palestrina chez le prince Marzio Collona, beau-frère du marquis de
Caravaggio. Le 6 octobre, il est à Naples. La période de l'exil commence.
Tout est à recommencer. C'est à ce moment-là, privé de sa sécurité, de ses
racines, de ses protections que Caravage va devenir un peintre
bouleversant. Nous avons déjà vu des oeuvres bouleversantes, ce que nous
allons découvrir dépasse tout.
Selon Babioni, il aurait peint ce tableau très rapidement dans son exil à
Palestrina pour se payer le passage pour Naples.
Madone du Rosaire . Les sept oeuvres de Miséricorde. Nous
avons évoqué les étapes principales, Milan, Rome, Naples. Toujours pour
les mêmes raisons, Caravage doit fuir Naples et s'embarque pour Malte où
on le retrouve peignant pour le compte du grand maître de l'Ordre qui,
dit-on, l'y aurait fait entrer. Portrait d'Alof de Wignacourt Caravage est
au faîte de son art. La Décollation de Saint Jean-Baptiste a été
peinte alors qu'il vivait en paix sur l'île de Malte sous la protection
des Chevaliers. C'est pour la cathédrale de la Valette qu'il peint ce
tableau, une des versions les plus poignantes que l'on n'ait jamais
peinte. Un thème usé, Salomé, Saint Jean-Baptiste, le dialogue de la femme
et de la tête coupée a séduit les peintres, des premiers primitifs de
l'époque romane jusqu'à Lucas Cranach, en période maniériste. Jamais ce
sujet n'avait été traité de façon à la fois aussi souveraine et damnable.
Baglione raconte qu'ayant outragé un chevalier, Caravage fut emprisonné,
qu'il parvint à s'enfuir de Malte et à atteindre la Sicile où il s'établit
à Palerme, effectuant des séjours à Messine et à Syracuse. Résurrection de
Lazare Adoration des bergers Caravage apprend que sa grâce est proche. De
point en point, de palier en palier, nous avons découvert un Caravage de
plus en plus empreint de ce mystère religieux qu'il peint et sait traduire
avec toujours plus de ferveur.

Il a produit des oeuvres tellement ferventes, emplies d'un mysticisme des plus profonds et essentiels, il a témoigné d'un tel sens du sacré et surtout d'une telle compréhension du message christique, qu'en milieu romain il est pardonné. Tout heureux, il embarque pour Naples et omet de signaler sa présence, autrement dit, il est passager clandestin. On lui prend ses biens en gage de la traversée. Bêtement, il les défend en attaquant un marin. L'équipage lui tombe dessus. Il débarque blessé à Porto Ercole. Furieux et désespéré, il parcourt la plage sous la morsure du soleil, tentant de retrouver sur la mer le bateau qui emporte ses maigres affaires. Arrivé à midi, il est pris d'un accès de fièvre et se couche. Sans aucune aide humaine, en près de trois jours, il meurt comme il avait vécu, seul. C'était le 18 juillet.