LE MANIÉRISME

Depuis des siècles, lorsque l'on parlait de Renaissance, on pensait à l'époque débutant avec Fra Angelico et se terminant avec Michel-Ange.
La période intermédiaire entre la Renaissance et le Baroque était nommée la 2ème Renaissance. Elle regroupait des artistes tels que Bronzino, Pontormo, Lotto, Rosso Fiorentino, Giambologna,Arcimboldo, Parmigiano, Vignola.
(Quelques oeuvres de la Renaissance italienne, quelques oeuvres du Maniérisme italien, à titre comparatif)
En règle générale, ces gens-là étaient complètement ignorés du public. Même le public curieux, connaisseur et érudit, les détestait.
Le temps a passé. Les idoles se déboulonnent, de nouvelles valeurs prennent leurs places. Raphaël a connu un exil et connaît aujourd'hui encore un exil assez grave. Curieusement, Bronzino, lui, est l'objet d'études, de livres, d'expositions beaucoup plus nombreuses.

Lorsque Vinci, Michel-Ange et Raphaël sont morts, la société italienne a exigé des jeunes artistes qu'ils fassent perdurer le génie et la gloire des ancêtres en imitant leurs manières. Un style d'imitation, de manière, d'où le nom de Maniérisme donné à ces jeunes peintres qui, de 1530 travailleront jusque vers 1610 et ne seront supplantés que par le Baroque naissant.


Le Maniérisme est le chaînon manquant entre la Renaissance et le Baroque.

Le Maniérisme exige de ses artistes, des oeuvres qui enchantent, surprennent, affolent, inquiètent. On ne doit pas rester devant une oeuvre maniériste froidement esthétisante.
A l'époque de Piero della Francesca et à plus forte raison d'un Masacio, on pouvait admirer dans le calme. Un spectateur maniériste ne peut pas rester calme. Il lui faut la stridence des sons, que ce soit dans l'éclat de rire, ou dans l'angoisse fondamentale la plus débridée. Il faut des sentiments exacerbés.
Voilà pourquoi l'insolite est de mise dans ces jardins-là.