Pour les Princes de la Renaissance, la Nature est un lieu privilégié

La Nature est une force Divine, et tous les artistes l'ont profondément ressenti.

Le goût de la nature et du paysage est apparu à la fin du 14ème siècle dans la peinture. Les portraits qui se détachaient auparavant sur un fond monochrome, petit à petit se détachent dans une chambre avec une fenêtre, puis dans une chambre avec une fenêtre avec paysage, puis dans un paysage sans fenêtre.
Par exemple, Piero Della Francesca brosse le portrait du Duc d'Urbin, face à un paysage tellement panoramique, que l'on dirait une anamorphose d'artiste.

Le Duc d'Urbin se justifiant par la vastitude des horizons qu'il semblait ainsi patronner. Le Prince de la Renaissance goûte la Nature. Pourquoi le jardin plus particulièrement? Un jardin, cela se modèle, cela se fabrique ; donc le jardin est une nature sur laquelle l'homme peut avoir une incidence. L'homme sculpte la Nature : l'homme est presque l'égal de Dieu.
Les Princes de la Renaissance, lorsqu'ils commandaient ici une cascade, là une montagne et des perspectives en face, se sentaient un peu comme Jupiter tonnant au sommet de la Sixtine,ou, si vous préférez, ils se sentaient Dieu, le Père.
Le jardin est donc un lieu que les Princes ont particulièrement prisé.

Un jardin propose un périple, un jardin raconte une histoire. Cette histoire est ponctuée de moments forts, dans lesquels le Génie de la Science et les merveilles de la Nature pourront être conjugués. Une grotte de Vulcain permet à un Prince de la Renaissance de s'exalter. Pourquoi?.

Parce que cela lui permet de garder les Dieux chez lui. Par là même de jouer à l'égal des Dieux.
Le côté allégorique était très important pour beaucoup des commanditaires de jardins de cette époque. Une grotte de Vulcain, par exemple, doit être pittoresque.
Pour être pittoresque, on va réunir de partout au monde les objets les plus étranges et les plus rares qui vont être inclus dans le décor. Goût de la Renaissance pour les coraux rares, les coquillages rares, les pièces rares.

Après l'Allégorie, la Science.
Il y avait, ajoutées, les merveilles du Génie humain, l'ingéniosité, comme les automates ou fabriques,dont la sophistication ne cessera de croître jusqu'au moment où l'on pourra animer 10, 15, 20 figures , sous forme de tableaux que l'on fera jouer au gré du plaisir des spectateurs.

Allégorie, réunion des sciences, sciences prospectives pures, trois raisons pour lesquelles ces "fabriques" se sont mises à peupler ces jardins.

Ils sont devenus toujours plus élaborés, compliqués, chers aussi, mais fragiles surtout.Quelques années d'abandon suffisaient à détruire à jamais l'ingéniosité de ce que l'on a commencé à appeler à cette époque, les ingénieurs de la Renaissance.