PIRRO LIGORIO - (Naples v. 1514 - Ferrare 1583)

Très jeune, il est protégé par une des grandes familles de Naples, la famille des Princes Caraffa. Il est même tellement protégé par les Princes Caraffa que les mauvaises langues de son temps et de plus tard, dont moi, sont dûment persuadés qu'il est un bâtard des Caraffa.

Tout jeune, il aime dessiner. On l'a laissé dessiner. On a choisi un maître à la mode du temps: Polidorio da Caravaggio. Il monte à Rome en 1534 et travaillera pour les grandes familles romaines, dans cette esthétique du trompe l'oeil, sophistiquée, qu'on appelle "grotesque". Il travaillera pour les Caraffa de Rome, pour les Orsini, pour les Este et même pour les papes.
Il fera tout ce que l'on veut. Il est encyclopédique.
De la fresque, de l'architecture, de la "recarrosserie" de façade, des jardins et des perspectives.

"Un architecte,écrit-il, n'est pas un architecte plébéien, un maçon, c'est un homme qui ordonne et défend tout ce qui touche à l'Art, si bien qu'il doit connaître la philosophie, les théories musicales, la symétrie, les mathématiques, l'astronomie, l'histoire, la topographie , l'analogie, la perspective (...) il doit savoir peindre et dessiner."

Ce portrait lui convient tout à fait. On lui doit des choses extrêmement importantes .

La cour du Belvédère au Vatican, celle qui abrite entre autre le Laocoon.

Oeuvre d'architecte de Pirro Ligorio. Le nymphée de la villa Julia, à Rome, est également de lui.

Il assouvit en même temps sa curiosité d'érudit et de spécialiste de l'Antiquité. En 1549, il commence les fouilles de la villa d'Hadrien, à Tivoli, sur la demande d'Hippolyte d'Este. En 1553, il publie le "Livre des Antiquités".
Il est de plus en plus connu et comme il est aussi bien dessinateur que peintre, peintre que sculpteur, ornemaniste qu'hydrolicien et paysagiste, on lui confie des jardins de plus en plus nombreux.

C'est ainsi que Vicino Orsini fait appel à lui pour créer Bomarzo.
Un texte, tiré du "Livre des Antiquités" sur le sens de son travail à Bomarzo.

" ... Bien que les grotesques parussent fantastiques ou profanes, tous étaient symboles et choses ingénieuses, faites non sans mystère... Il y a des formes si fantastiques que l'on croit rêver, là ont été amalgamées les choses morales et fabuleuses des dieux. ...Ils ont été retrouvés par hasard, ni à des fins fantastiques, ni pour montrer des choses insolites et folles , ni pour se servir de leur variété comme motif décoratif, pour transformer des demeures en lieux de délice...Ils sont faits pour provoquer la stupeur et l'émerveillement chez les misérables mortels, pour illustrer autant que possible la fécondité, la plénitude de l'intelligence, ses facultés imaginatives... Et pour montrer comment la vie se manifeste, pour mettre en valeur la prolifération des thèmes nés des choses crées..."

Pour Hippolyte d'Este, il conçoit les jardins de la Villa d'Este.