Comme le saint Sébastien, cette oeuvre montre une profusion de personnages exceptionnelle pour Georges de La Tour. Mais ils sont ici regroupés en faisceau et ne semblent faire qu'un autour du nouveau-né.

C'est l'enfant qui justifie leur présence et la lumière dont il semble rayonner éclaire toute la scène.

Nous avons observé dans les oeuvres profanes, le judicieux décalage établi entre les visages impassibles et les mains qui déclinaient l'évènement. Ici, c'est encore à un autre niveau, tout en bas, dans la crèche que nous découvrons la clé de l'oeuvre. Rien n'est gratuit ni simple dans la composition, de la gravité des figures, au jeu prudent de toutes les mains, de l'organisation de lignes de force à la distribution de la lumière, tout est magistralement mis en place pour susciter notre rencontre avec ce Nouveau-Né. Notre regard descend vers lui et la subtile et lumineuse architecture de l'oeuvre le porte vers nous.