La Madeleine Terff.

Une intense flamme, une figure de profil, un crâne de face, deux gros livres et une discipline. Tout ceci est en quelque sorte intégré dans un cercle, une boucle, un circuit fermé. Toute la méditation de Madeleine est engagée dans cet espace, sorti de la pénombre par la lumière de la flamme et le talent de Georges de La Tour.

La composition est ainsi clairement articulée autour de la flamme. Le doute, pourtant, l'hésitation qui pouvaient encore habiter Madeleine sont peut-être lisibles dans la discrète diagonale bras-jambe qui la tient quelque peu en retrait. Mais sur cette diagonale, le bras conduit sans détour la réflexion d'une tête à l'autre. Le détour est dessiné par l'autre bras et dans le jeu de ce double cheminement, comme dans les caresses des deux mains, sur les deux têtes, nous percevons la prodigieuse habileté de l'artiste à mettre en scène les thèmes les plus délicats.

Madeleine a renoncé au luxe, à la vanité, à la séduction. Une sobre veilleuse, une discipline pour redire les souffrance du crucifié, les écrits des prophètes... et le crâne, tourné vers nous comme pour nous interpeler toujours.