"Si la peinture italienne nous intéresse plus que celle d'aucune autre école, ce n'est peut-être pas qu'elle lui soit supérieure, c'est qu'elle exprime la Renaissance, et c'est à Venise que cette expression atteint sa perfection." Il se peut que cette affirmation de Berenson1 comporte quelque ou-trance.
Elle met néanmoins dans une lumière difficilement contestable le double fait que la Renaissance continue à jouer pour nous un rôle capital et que, dans la transformation de la sensibilité qui l'accompagne, Venise tient à juste titre une place éminente.
Et l'on ne peut davantage contester que, parmi ceux qui la lui ont acquise, brillent au premier rang Giorgione, Titien, Tintoret, Véronèse, qui tous quatre révélèrent à l'Occident les pouvoirs lyriques de la couleur.
