Allégorie de la foi

Une femme, revêtue de blanc éclatant et de bleu céleste bordé d'or, pose la main sur son coeur pour témoigner de sa foi. La foi est dominatrice, son pied est appuyé sur le monde. Sur une table-autel, les attributs de l'Eglise: les Écritures qu'elle prend à témoin, un calice, un crucifix, une chasuble. Sur le carrelage, dont le motif évoque l'eau: une pierre angulaire, le Christ, écrasant un serpent, le mal, et une pomme, le péché originel. Ces éléments existent dans une iconologie de 1613, due à Ripa, publiée à Bologne et que tout peintre possédait dans sa bibliothèque. Cette peinture est un résumé, un inventaire, avant décès, de tous les motifs qui ont créé le" miracle Vermeer." Une dernière fois, nous retrouvons le rideau, la chaise, le carrelage, la tapisserie, le modèle, le tableau dans le tableau - une crucifixion de Hanthorst- la géométrie poussée à l'extrême, la lumière que les touches de blanc accrochent. Il est incroyable de se dire que tout cela culmine, en définitive, dans ce qui est le symbole même de l'illusion: pendue au-dessus de la foi, une boule de verre arachnéenne, comme un rêve, dans laquelle on cherche désespérément à retrouver Vermeer en reflet, comme Van Eyck dans les Arnolfini.

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Allégorie de la foi - c. 1671- 1674
114.3 x 88.9 cm. - The Metropolitn Museum of Art, New York