La jeune fille endormie

Fidèle à l'esthétique du tableau précédent, Vermeer montre une grande table, prétexte pour peindre un tapis, une jeune femme, prétexte pour rendre l'incarnat de la peau, et un décor ramené à l'essentiel de quelques lignes verticales et horizontales.
Déjà un tableau sans sujet, qui pourtant, peut faire rêver une vie entière.
Le miracle de Vermeer, c'est cela. Rien ne se passe et des épopées naissent.
Dans le velouté et le chatoiement du tapis, la beauté de la nature morte et de la panse du grès, l'admirable assiette de fruits, on commence à sentir ce que va devenir sa recherche. On remarque également un trés grand progrès au niveau du métier, de la peinture.
Vermeer mérite vraiment le nom d'impressionniste: personne autant que lui, ne réussit, par l'artifice de la peinture, à rendre ce frémissement de la lumière sur l'objet.
Un tableau superbe, mais cela n'est pas encore tout à fait Vermeer.

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La jeune fille endormie - 1656-57 - 87.6 x 76.5 cm
The Metropolitan Museum of Art, New York

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