La dentellière

Dans ce tableau et celui de La Laitière, la même recherche: rendre, au-delà des visages, la beauté des instruments ( le pain, le panier, les grès de la laitière, les fils, les soies, les navettes, les coussins de la dentellière).

Un réseau de fils de lumière, d'une souplesse indicible, se tend. Le visage de soie, les doigts et le souffle de la dentellelière donnent vie aux fils de son ouvrage. On ne peut imaginer choses plus belles que ces navettes et l'étrange éclat du rouge sang, du bleu et de ces pointillés de blanc qui donnent toute leur matière et leur relief à cette peinture. Le col blanc transparent est un jeu, une résille de tout petits coups de pinceau blancs plus ou moins fondus dans le jaune. Vermeer a travaillé ce tableau telle la dentellière son ouvrage. Une concentration extrême, un amour fou de la création parfaite, une maîtrise totale au service de la lumière. Chaque touche posée, comme chaque point tissé, crée le réseau de la dentelle, de la peinture. Le temps s'écoule au rythme des points accomplis, sereinement, et avec bonheur.


 

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La dentellière - c.1669-1671 - (24.5 x 21 cm.) - The Louvre, Paris