Après Rome et Madrid, voici Versailles sous Louis XIV:
En 1665, Louis XIV est jeune et l'on commence à agrandir le petit château de Versailles
pour en faire l'immense "cosmos" qu'il deviendra au cours des ans.
On voit la dernière fête donnée à Paris avant que la cour ne quitte
définitivement la ville pour Versailles, c'est le grand Carrousel. Le roi commence
déjà à dessiner cette politique de centralisme absolu qui caractérisera
le règne du roi soleil.
A un roi aussi monolithique que Louis XIV, il fallait un peintre aussi monolithique que Nicolas
Poussin. Louis XIV est un monarque qui a voulu régner sur tout, Nicolas Poussin, un peintre
qui a régné sur toute la peinture française. Louis XIV a voulu faire
régner l'ordre, Poussin a fait régner l'ordre et le classicisme avec cette
science absolue de la composition qui le caractérise.
Poussin a été formé à l'école classique de Rome.
"Mon naturel me contraint à chercher et aimer les choses bien ordonnées, fuyant
la confusion qui m'est aussi contraire et ennemie, comme l'est la lumière des obscures
ténèbres",1642. Il privilégie un art architecturé, construit,
rigoureux. Toutes les lignes étaient étudiées afin que les formes, les
proportions, la balance parfaite de la ligne courbe et de la ligne droite soient véritablement
chantées.
This wash drawing symbolizes his mastery of light very well.
Toute la composition, le moindre geste du moindre personnage, jusqu'aux index, sont
domestiqués à l'ensemble d'une composition savante, marquée par
des diagonales très apparentes. Dire que Poussin n'est qu'un maître de
la science de la composition ne serait pas lui rendre justice. Il est bien plus que
cela. Malgré une certaine froideur néo-classique où l'on sent
un peu trop l'imitation de la frise romaine et du bas-relief grec, il a su dans
certaines oeuvres, MEDITATION DE SAINT JEAN A PATMOS, par exemple, faire passer
une émotion extraordinaire.
Chaque bloc, chaque tambour de colonne est tombé là où il fallait pour
que règne cette perfection dans l'apparent chaos des architectures effondrées. Peinte
avec une science et un bonheur étourdissants, elle est indubitablement une des plus belles
oeuvres de Poussin.
Toute la grande peinture française du XVIIème siècle va emboîter
le pas à cette célébration de l'ordre qu'est l'esthétique de
Nicolas Poussin.
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