Admirable représentation d'une jeune femme immobile, qui a l'air plus de pianoter que de jouer vraiment,
cependant qu'un jeune homme la contemple.
La magie du carrelage en noir et blanc trace une perspective tellement intransigeante qu'elle en devient
surréaliste.
La basse de viole, posée au milieu de cet espace magnifiquement horizontal et vertical, donne tout son
énervement à la composition qui se ferme avec le virginal et la jeune femme.
Comme Vélasquez dans les Ménines, Vermeer a placé, au-dessus de l'instrument, un miroir qui nous
renvoie ce qu'aucun miroir ne représenterait: l'image de la jeune femme, en perspective de trois quarts, et en léger contre-haut.
La rigueur géométrique de l'instrument de musique est contrebalancée par la douceur, le velouté,
la souplesse du dos de la jeune femme, de même que le jeu des droites et des arrondis du carrelage
et de la basse de viole.
Nous avons là une peinture ne représentant rien de plus qu'une dame qui pianote et un monsieur qui
l'écoute, et pourtant, par cette fidélité de ligne de conduite, par le caractère implacable de cette
conduite, chaque tableau est un miracle et celui-ci
l'un des plus beaux consacrés à la musique.
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Une dame au virginal et un gentilhomme - c. 1662-1664 73.3 x 64.5 cm. - The Royal Collection
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