Sur le mur, une carte de géographie de Nicolas Piscator, grand géographe et chroniqueur
hollandais des années 1620, représentant les Pays-Bas.
Le très beau lustre de cuivre ou de laiton, typiquement hollandais, n'a aucune bougie.
La scène s'ouvre. Le rideau est tiré. Il s'agit d'une tapisserie du début du
16ème siècle, de facture espagnole.
Selon certains historiens, il se pourrait que ce tableau étrange ait une signification
politique.
L'habit du peintre, des années 1530, où la Hollande était sous le joug espagnol, et
la tapisserie somptueuse et colorée, représenteraient la nostalgie de la culture, de
ce goût des arts et du mécénat qu'avaient les Espagnols, le duc d'Albe en tête. Il
a été un épouvantable politicien, mais par contre, un homme qui a soutenu les arts
de toute sa force, de toute sa ferveur.
La fameuse guerre de 80 ans a permis aux Hollandais de se défaire du joug espagnol.
La société des Grands Marchands prend alors le pouvoir. C'est une société
riche et prospère mais exquisément inculte et peu portée vers les arts.
Le lustre sans bougie serait une façon de montrer le peu d'éclat de cette
société hollandaise.
Cette explication nous aiderait à comprendre le malaise des artistes de cette époque.
Dans les biographies de Rembrandt, Franz Hals ou Fabricius, nous retrouvons cette incompréhension
obtuse, opaque, de la société hollandaise devant les audaces de la jeune peinture. A
l'époque précédente, les artistes les plus avant-gardistes suscitaient
l'intérêt des mécènes espagnols.
Ce climat d'amertume se trouverait emblématisé discrètement par Vermeer
dans L'ART DE LA PEINTURE.